LE PIMENT CAMEROUNAIS SE VENDRA MAL (décryptage sur le marché du piment transformé)

Le PIMENT est le nom d’un petit fruit mondialement connu, mais dans leur grande ingéniosité à la fois futuriste et subversive, les Camerounais ont pris ce nom ‘’LE PIMENT’’ et l’ont attribué à une partie du corps de la gente féminine et c’est la raison pour laquelle certaines camerounaises sont taxées de VENDEUSES DE PIMENT ou de PIMENTIERE. Mais ici nous n’allons pas fait l’apologie du métier le plus vieux de la terre, mais, nous allons plutôt parler du piment…le fruit.

Le piment, tantôt vert, tantôt rouge et tantôt jaune, le piment est un condiment, une épice qui a de très nombreuses vertus pour la santé et dans certaines conditions, il peut être néfaste pour l’organisme humain. Sur le marché camerounais, le piment se trouve en fruit, en poudre (utiliser principalement par les vendeurs de viande) en pâte et en liquide (jus de piment) et dans cet article, nous décrypterons le marché très mitigé du piment en pâte et en liquide.

Ces dernières années ont vu se démocratiser la pensée entrepreneuriale, les Camerounais ont compris le pouvoir de l’entrepreneuriat qui, a même temps à beaucoup été démystifier par une vague d’entrepreneur à succès très sociale et très ouvert, le manque de financement n’est plus un frein, il suffit juste d’avoir une idée et se lancer. Et c’est dans cette optique que beaucoup de Camerounais sont devenus d u jour au lendemain des CEO, certains pour un seul jour et d’autres pour de très longues périodes. Les entreprises se crée chaque jour les uns avec des concepts très innovatifs et les autres plutôt dans le réchauffé. C’est dans ce contexte que des entrepreneurs camerounais ont décidé de mettre sur le marché de la pâte et de l’huile de piment…MAIS POURQUOI ? et POUR QUI ?

Déjà, pour la grande majorité, les Camerounais sont consommateurs de piment, et il y a une proportion très négligeable de Camerounais qui sont non-consommateurs exclusif de piment. Dans la plupart des cas, le (la) cuisinier(e) met le piment directement dans la nourriture en pleine cuisson et une fois servir, tout le monde consomme cette nourriture tel quelle, et très souvent, on entend des commentaires comme « la nourriture-ci est très pimenté », et on entend très rarement des commentaires contraire genre : « La nourriture-ci n’est pas assez pimentée ». Ce qui veut dire que, pour le Camerounais moyen, il ne lui ait pas nécessaire d’avoir un piment de table. La pâte ou l’huile de piment ont un concurrent de taille qui n’est autre que le piment en fruit. Pourquoi une ménagère va-t-elle dépenser 1000 fcfa ou 1200 fcfa pour s’offrir quelques centilitres de piment en pâte ou en liquide alors qu’avec les mêmes sommes, elle peut s’offrir un gros paquet de piment en fruit. Certains m’ont parlé de gain en temps, certes, il y a gain en temps, mais c’est un avantage négligeable dans la mesure ou, pratiquement tout le monde est capable avec une pierre à écraser ou avec un robot de cuisine peut écraser une très grande quantité de piment en très peu de temps et ainsi économiser beaucoup de nos rares FCFA. Les ménages ne peuvent pas être un marché qualitatif pour les piments en pâte et en liquide et cela m’a été confirmé par une anecdote d’un ami, de retour de la FIAC, ce dernier avait acheté une boite de piment en pâte à une entreprise productrice qui y était, une fois à la maison, sa mère lui demanda le prix, et il dit 1000 FCFA, sa maman le regarda avec les yeux des mères camerounaise quand elles désapprouvent un fait. Et elle dit : « Avec les 1000 FCFA là, j’achetais le piment de 150 et j’allais avoir la même quantité, et le reste de l’argent allait me servir pour acheter la tomate, et les autres condiments, avec 1000 FCFA, je peux préparer la sauce et toi, tu viens avec le piment de 1000 FCFA petit comme ci s’était une condition… ». Un raisonnement assez similaire peu se tenir pour les ménages financièrement plus aisés, pour qu’elle raison la ménagère ou la femme au foyer achèterait du piment de table alors qu’elle peut aisément en faire elle-même en dépensant largement moins.

Les ménages ne sont pas le marché du piment en pâte ou en liquide, car ce marché est déjà miné par leur concurrent en fruit. Alors regardons ailleurs, les restaurants et les hôtels, car à la différence avec les ménages, les nourritures dans ce lieu sont cuit régulièrement sans piment (ou pas assez) pour n’indisposer aucun client et c’est chaque client qui augmente la dose à sa suffisance.

Les restaurants et les hôtels utilisent le piment de table (en pâte ou en liquide) mais pour la plupart, ils écrasent eux-mêmes leurs piments (surtout les hôtels) puisque le matériel nécessaire est assez vulgaire, et certains restaurants en commandent, mais pas vraiment à très grande échelle et surtout à des prix très bas. Pour les besoins de cet article, j’ai sillonné trois surfaces de vente de Douala dans l’optique de savoir combien de boite de piment (pâte ou jus) elles vendaient en moyenne par mois, et le résultat fut plutôt sans surprise (pour moi) car le piment ne se vend pas trop (environ 10 boîtes par mois.), dans l’une des grande surface, le responsable m’a même fait comprendre qu’il comptait le retirer de ses rayons.

Avec la configuration actuelle de la société de consommation camerounaise, le piment en pâte ou en liquide ne peuvent pas vraiment se vendre aisément, le bon conditionnement seul ne suffit pas pour enclencher le processus d’achat.

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2 réflexions au sujet de « LE PIMENT CAMEROUNAIS SE VENDRA MAL (décryptage sur le marché du piment transformé) »

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